Le culte sacré des crânes chez les Bamilékés

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Les Bamilékés constituent le plus grand groupe ethnique du Cameroun. Selon certains historiens, ils seraient venus d’Egypte. Dans leurs traditions ancestrales, les Bamilékés pratiquent le culte des crânes et des divinités et accordent une place de choix aux morts, car ils considèrent que « les morts ne sont pas morts », afin d’éviter la colère des esprits, la maladie ou l’infertilité. Cette pratique demeure le fondement de leur reconnaissance identitaire.

Dans son article de la crânologie en pays bamiléké, la Famille Bamena de Belgique apporte l’explication selon laquelle « l’Os du crâne Humain, à cause de sa correspondance avec les parties supérieures de l’être (A savoir : L’Ame, la Conscience, l’Esprit et le Créateur « SI »), est un excellent moyen pour entrer spirituellement en contact avec l’Ame d’un défunt. Nous pouvons ainsi utiliser efficacement le Crâne de n’importe quel défunt pour vibrer en résonance avec son Esprit qui se trouve dans l’au-delà. Le contact spirituel ainsi réalisé peut être utilisé pour effectuer toute demande ou toute prière d’action ou d’intercession en notre faveur auprès de « SI », le Créateur. Telle est la véritable explication et signification du Culte des Crânes chez les Bamilékés. »

La pratique du culte des crânes chez les Bamilékés reste un mystère auprès des non-bamilékés et, surtout, de certains adeptes des églises traditionnelles et éveillées. Dans un article consacré sur le sujet, notamment la relation entre les Bamilékés et Dieu, le magazine BBC Afrique rapporte l’avis d’un évêque qui officie en région bamiléké: « L’évêque de Bafoussam, Monseigneur Dieudonné Watio, qui a consacré de nombreux travaux, dont une thèse de doctorat, au culte des morts dans l’Ouest du Cameroun, affirme que Dieu a toujours existé chez les Bamiléké. Ces derniers priaient même avant l’évangélisation du Cameroun…».

Dans une lettre parue sur le site menoia.info, Calvin Tchuente compare le culte des crânes des Bamilékés à la relique des Saints de l’Église catholique dont le but ultime de l’adoration est d’attirer la protection. D’autres personnes établissent des parallèles, notamment entre le témoignage de reconnaissance qu’un Bamiléké fait à l’adresse de ses ancêtres à la suite d’un événement heureux et la « Messe d’action de grâces » pratiquée dans les églises traditionnelles.

Malgré tout le débat que la pratique du culte des crânes chez les Bamilékés peut soulever dans les discussions, « un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. »

 

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